HYPNOCHANGEMENT

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De plis en déplis
 
De séparation en séparation

De la différence dans l'identité

Soyez quantique sinon rien !


 
L’art du feuilleté

Commençons le pliage... Repliez la pâte sur elle-même en trois parties égales. C'est le premier tour. Puis faire pivoter le pâton d'un quart de tour, de façon à changer le sens de l'étirement. Recommencer les mêmes opérations pour faire le deuxième tour… afin d'obtenir 3 double-tours ou plus on peut tourer à 5 ou 6 tours.
 
 
Difficile, presque impossible de croquer dans un mille-feuilles. Fragile et dense à la fois, il se complique dans une série de feuilletages et de textures croquantes, craquantes, croustillantes, pliantes, souples, moelleuses, tendres, virtuoses, variées et infinies. S’immiscent et traversent d’onctueux et veloutés terrains blonds qui s’assoupissent indolents et languissants dans l’aven. Le toit de ce palais est en marbre. Les veines de chocolat noir patinent et ondulent sur le tapis de glace. Nappe d’un lac gelé où furent figés les poissons ondoyants. Sous la langue, dans la bouche brulante, l’entrelacs se répand doucement et sirupeux comme la lave d’un volcan au-delà des pics et des collines, dans les vaux et les tourbillons des papilles extasiées.
 
 
Les mystères du labyrinthe

« Car au milieu de tous les sentiers, un seul mène-t-il au but ? »
 
Dédale des voies, égarement, retour ou non retour, fil conducteur, … …
Dans les lacis et les boucles, les courbes et les détours, les arcanes du hasard, l’homme peut-il prétendre à l’évidence ? Souvent masqué, il s’égare de lui-même et se leurre face à l’univers. Voici l’âme humaine dans toute sa complexité, tous ces plis, où semblent se côtoyer une série énigmatique de possibilités, d’à-propos et de convenances. Contingence, hésitations et errements. Comment et quelle sente choisir ?
Immergés dans un labyrinthe feuilleté, les strates du compossible se côtoient et à l’homme de choisir sa voie. 
 
« L’existence précède l’essence » Jean Paul Sartre
 
 
L’esthétique de l’éventail
 
                                             

 Déceler une logique d'expansion, découvrir le déployé, déplier les plis de l’âme, rayonner comme au grand jour, détendre l’engourdi, hérisser l’irisé….
 
 
Les secrets de l’origami

De la différence dans l’identité
 
La grus japonensis (tsuru)


                 « Quiconque plie mille grues de papier verra son vœu exaucé ».


                  Plis des vents, plis des eaux, plis de la terre, plis de l’être...

 



Le pliage du papier ou origami est une excellente métaphore pour la sculpture de soi ou, en d’autres termes, l’art du changement. Les plis vallées, les plis montagnes, les plis renversés intérieur, les plis renversés extérieur…chaque pli est une facette de notre être composé. Se divisant sans cesse, les parties de la matière forment de petits tourbillons dans un tourbillon, et dans ceux-ci d’autres encore plus petits et d’autres encore dans les intervalles concaves et convexes où les tournoiements se coudoient.

Si nous considérons qu’à partir d’une feuille de papier, mille pliages sont possibles, compossibles, de même à partir du tissu de notre être, mille plissures, mille vagues, flux et reflux, écume et souffle des rouleaux., envers et endroit de la chair de l’âme : l’impermanent est à notre portée.

 

 


 Du monde quantique au monde classique
   
Pourquoi les superpositions     quantiques ne sont pas observables dans le monde macroscopique ?
Pourquoi, alors que les principes de la mécanique quantique s'appliquent, a priori, à tous les objets contenus dans l'univers (nous y compris), continuons-nous à percevoir le monde de manière différente ?
 
 
 
 
Dans notre réalité classique, le chat n’est jamais mort et vivant à la fois. Un choix, une distinction se fait, alors que la théorie quantique démontre la
«compossibilité »
 
Ainsi, on découvre en physique microscopique qu’une particule, avant d’être examinée, est dans cette superposition d’états. Mais dès qu’un observateur la considère, elle « choisit » son destin. L’intrication se désintrique en états séparés et distincts.
            S’il n’y avait pas de dissociation, notre existence serait impossible !


 
La pyramide des mondes possibles 

 
Représentez-vous une pyramide, infinie par sa base. Cette pyramide figure l'entendement de Dieu, qui pense tous les mondes possibles, classés par ordre de perfection, le meilleur occupant le sommet. En dessous, une infinité d'autres mondes contiennent les mêmes êtres, les mêmes hommes dont le destin est différent.
d'après Leibniz, grand penseur du XVIIe siècle
 
Dans ces mondes réalisables, les existences sont dissemblables.
Quand dans cet espace-temps l’homme fait du mal à autrui, dans le monde voisin, c’est un sage ; quand dans cet univers, une femme s’enferme dans sa mélancolie, elle est créative et si vivante dans une autre dimension ; quand les contempteurs du corps oublient que nous sommes « corps dans l’âme », dans notre voisinage il existe des hommes sans tabous et donc sans perversions. Quand les hommes sont traités comme des objets, ailleurs l’humanisme est la loi fondamentale.  

 

  

LA SEPARATION ET LE TRAVAIL DE DEUIL


De la différence dans l’identité

 

                                                        


L’âme s’enroule dans ses plis et ondoie de volutes et de courbes, chacune déterminée par l’entourage et conspirant, protégeant, révélant, dissimulant, détournant…La division du continu contient une infinité de possibilités.
 
La métamorphose n’est qu’un changement de forme !
 
Aussi, un organisme est-il enveloppé dans la semence. La graine contient en puissance l’arbre de l’avenir, l’œuf fécondé devient un être vivant, l’adulte est plié dans l’enfant, l’amoureux éclaire les pampilles de l’âme, le jour déroule la nuit, la tristesse se convertit en joie, la timidité en hardiesse, la mélancolie en dynamisme de vie… On peut tout à fait analyser ce changement de forme et l’impliquer dans une analyse étiologique, en d’autres termes, en analysant les causes du changement.
Ainsi la métamorphose qui fait passer de la dépression à la vitalité, du comportement nocif au comportement bienfaisant a-t-elle une inspiration et cette inspiration, est la potentialité en germe de la transformation. Il suffit de pénétrer, de discerner dans les monts et les vaux de l’âme, les plis et les déplis, pour combiner, former ou sculpter la terre de l’être afin de créer une autre forme aux bordures et au maintient, à la contenance et contenu heureux.

 
Développer un art des intervalles
                                                                                                                                                                                         Alors, toute conversion dépend d’une dissociation, d’un écart, d’un autre point de vue et celui-ci s’active d’autant mieux quand la conscience aliénée d’idées reçues et de croyances – restreignant, immobilisant les processus - est mise à l’écart pour un moment, le temps du changement.
 
Le temps de la méta-morphose, c’est le temps qu’il faut à l’inconscient pour embrasser d’autres aventures qui bivouaquent dans l’âme.

                                                              
 
 
 
 
La séparation
 
En outre, nous savons que les différentes formes de séparation structurent profondément toute existence ou psychisme humain. Séparation de la naissance, séparation de la mère, séparation de l’enfance, séparation des savoirs…
 
 
 
Et l’acte sexuel qui contient dans son étymologie les termes : sexion, coupure, sacré, prend du sens puisque c'est la condition même pour se détacher, se couper de l'état de symbiose maternelle. La séparation est à l’opposé de l’intrication, c’est-à-dire de la confusion et de l’indifférenciation. Ces systèmes d’attachement et de dépendance sont parmi les causes et les mécanismes d’extinction, de dépérissement et d’effacement de l’esprit, voire de la vie humaine.

« La condition de l’amour, est de laisser un mur entre les deux amants !»
 

 

Alors, de la « dissociation » avant tout !

 

Dans la dimension thérapeutique et bien évidemment dans la séance d'hypnose, le travail se fait dans la dissociation, entre la conscience et l’inconscient et entraîne ainsi la possible mise en œuvre d’une mutation.

 

L’unité feuilletée

 

Un deuil, une séparation quels qu’ils soient ne sont pas des coupures du monde mais appellent à d’autres circonstances à d’autres évènements. De l’implacable visage d’un moment de la vie : des conséquences, des corollaires florissants, sont en puissance dans les germes de l’existence !


 

 

                                                            Convergences feuilletées   

 

                            

                                                                          Pensées et réflexions avec les lectures de Deleuze, Le pli,

                                           d'Yves Prigent : Vivre la séparation 

                                                           et avec la collaboration de Patricia Piquemal

                                        (infirmière au CHU de Montpellier)

  

                                                                                

                  

 

           

Marseille, Montpellier, le 7 mai 2007