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Le leurre de la conscience La question fondamentale de toute une vie, c'est la quête du sens. Cette quête ne pas trouver réponse dans la conscience car il ne saurait y avoir d'autre réalité que la réalité intérieure. Une réalité intérieure à découvrir par l'inconscient, écho des arhétypes de l'humanité. Lors d'une séance d'hypnose, le voile se soulèvle et derrière les apparences, derrière le visible, une partie du réel se dévoile  Les archétypes organisent la vie psychique de l'être humain. Ils constituent ce que Carl Gustav Jung a appelé l'inconscient collectif, ou inconscient impersonnel, réalité psychique objective de la psyché. C'est ce qui permet une rencontre universelle des réalités intérieures. L'archétype s'expose dans les plus hautes réalisations des cultures humaines : dans les mythes, l'art, la littérature, la poésie...mais aussi dans les pires dérives. Il faut bien distinguer l'archétype de ses représentations : seul l'archétype est hérité, constitutif du bagage instinctuel de l'être humain, alors que ses représentations sont très variées, d'une culture à l'autre, et d'un individu à l'autre, en fonction de l'extrême variabilité des histoires de chacun. (d'après un article sur Wikipédia) Il nous semble que certaines oeuvres sont modelées par ce "for intérieur" et de manière libre, nous vous proposons ici, peut-être un détournement mais ce qui nous paraît être une lecture de ce "sub-monde" ou comment la conscience peut aliéner un être humain. La conscience est la dernière phase de l'évolution du système organique, par conséquent aussi ce qu'il y a de moins achevé et de moins fort dans ce système... On tient (cependant) le conscient pour une constante! On nie sa croissance, ses intermittences! On le considère comme « l'unité de l'organisme »! On le surestime, on le méconnaît ridiculement, ce qui a eu cette conséquence éminemment utile d'empêcher l'homme d'en pousser le développement trop hâtivement. Croyant posséder la conscience, les hommes se sont donné peu de mal pour l'acquérir; et aujourd'hui ils en sont toujours là! C'est encore une tâche éminemment actuelle, que l'œil humain commence même à peine à entrevoir, que celle de s'incorporer le savoir, de le rendre instinctif chez l'homme; une tâche qu'aperçoivent seuls ceux qui ont compris que jusqu'ici l'homme n'a incorporé que l'erreur, que toute notre conscience se rapporte à elle.
Nietzsche, Le Gai Savoir, §11
Une rencontre littéraire, cinématographique créent, un écho, une mimesis D'après un chapitre de l'oeuvre littéraire de Franz Kafka : LE PROCES et son adaptation au cinéma par Orson Welles Une sentinelle se trouve posté devant la porte  Un homme vient un jour la trouver et lui demande la permission de pénétrer. Mais la sentinelle lui dit qu’elle ne peut pas le laisser rentrer en ce moment. L’homme réfléchit et demande alors s’il pourra entrer plus tard. «C’est possible, dit la sentinelle, mais pas tout de suite». La sentinelle s’efface devant la porte, ouverte comme toujours, et l’homme se penche pour regarder à l’intérieur.  La sentinelle, le voyant faire, rit et dit : « si tu en as tant envie essaie donc de rentrer malgré ma défense. Mais dis-toi bien que je suis bien dressé. Et que je ne suis que la dernière des sentinelles. Tu trouveras à l’entrée de chaque salle des sentinelles de plus en plus puissantes ; dès la troisième porte, même moi, je ne peux plus supporter leur vue ». L’homme ne s’était pas attendu à de telles difficultés, il avait pensé que la porte devait être accessible facilement, à tout le monde et en tout temps, mais maintenant, en observant mieux la sentinelle, ses yeux à demi-fermés, les traits de son visage retenus, son corps figé et glacé, il se décide quand même à attendre... jusqu’à ce qu’on lui permette d’entrer et il fatigue la sentinelle de supplications plaintives. La sentinelle lui fait subir parfois de petits interrogatoires, le questionne sur son village, sur sa culture et ses croyances et beaucoup d’autres sujets encore. Mais ce ne sont que des questions et les réponses ne sont que des réponses bien réfléchies et pour finir elle dit toujours qu’elle ne peut pas le laisser entrer. L’homme, qui s’est abondamment pourvu pour son voyage de toutes sortes de provisions, emploie tout, si précieux qu’il le croit, pour soudoyer la sentinelle. Et la sentinelle prend bien tout, mais en disant : « je n’accepte que pour que tu ne puisses pas penser que tu as négligé quelque chose ». 
Pendant ses longues années d’attente, l’homme ne cesse presque jamais d’observer la sentinelle. Il en oublie les autres gardiens, il lui semble que le premier est le seul qui l’empêche d’entrer. Et il maudit bruyamment la cruauté du hasard et plus tard, en devenant vieux, il ne fait plus que grommeler. Il retombe en enfance, et comme, au cours des longues années où il a étudié la sentinelle, il a fini par connaître jusqu’aux puces de son col de fourrure, il prie les puces elles-mêmes de l’aider à fléchir le gardien. Finalement, sa vue s’affaiblit et il ne sait si la nuit se fait vraiment autour de lui ou s’il est trompé par ses yeux.
Mais maintenant il discerne dans l’ombre l’éclat de la lumière qui brille inextinguiblement à travers les portes. 
ll n’a plus pour longtemps à vivre désormais. Avant sa mort, tous ses souvenirs viennent se presser dans son cerveau pour lui imposer une question qu’il n’a pas adressée. Et ne pouvant redresser son corps raidi, il fait signe au gardien de venir. Le gardien se voit obliger de se pencher très bas sur lui, car la différence de leurs tailles s’est extrêmement modifiée. « Que veux-tu donc encore savoir ? » demande t-il d’un ton insatiable. « Si tout le monde cherche à connaître ce qu’il y a derrière ces portes, dit l’homme, comment se fait-il que depuis si longtemps personne que moi ne t’ait demandé d’entrer ? » Le gardien voit que l’homme est sur sa fin et pour atteindre son tympan mort, il lui rugit à l’oreille : « Personne que toi n’avait le droit d’entrer ici, car cette entrée n’était faite que pour toi, maintenant je pars, et je ferme la porte ». Marseille, le 12 mars 2006 Convergences de réalités intérieures Article réalisé avec Ulysse Torrento (Doctorant en littérature comparée) |
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