HYPNOCHANGEMENT

LE TEMPS DU CHANGEMENT

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Héraclite, Hume, tout est changement, la physique quantique, le chaos organisé, le cerveau,  l’homme
 
 
Tout de suite, sans ambages, droit au but, voici ce que nous voulons démontrer
 
Le changement est une des lois de la nature donc celui ou celle qui croit ne pas pouvoir changer s’oppose de manière suspecte, conflictuelle, antagonique aux principes mêmes du « chaos-cosmos » ou chaos déterministe. Cette expression pour traduire l’idée d’un monde en perpétuel changement, du hasard et de la contingence des évènements mais dans un système qui s’organise et dont les lois nous dépassent.

 
Héraclite d’Ephèse, philosophe grec présocratique est le premier à avoir pensé une métaphysique du devenir avec son "panta rheï" : tout coule.

« Des eaux différentes et différentes coulent sur ceux qui rentrent dans les mêmes fleuves »
Héraclite, fragment 12

« Nous rentrons et ne rentrons pas dans les mêmes fleuves : nous sommes et nous ne sommes pas »
Héraclite, fragment 49a

« Il n'est pas possible de rentrer deux fois dans le même fleuve »
Héraclite, fragment 91
 
Le Moi introuvable et les « moi » à conquérir

Pour Hume, philosophe empiriste du XVIIe siècle, l’idée du moi résulte d’une projection illusoire.

« Pour ma part - dit-il- quand je pénètre le plus intimement dans ce que j’appelle moi, je bute toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaud ou de froid, de lumière ou d’ombre, d’amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne peux jamais me saisir, moi, en aucun moment sans une perception et je ne peux rien observer que la perception. Quand mes perceptions sont écartées pour un temps, comme par un sommeil tranquille, aussi longtemps je n’ai plus conscience de moi et on peut dire vraiment que je n’existe pas. [...]
Mais, si je laisse de côté quelques métaphysiciens de ce genre, je peux m’aventurer à affirmer du reste des hommes qu’ils ne sont rien qu’un faisceau ou une collection de perceptions différentes qui se succèdent les unes aux autres avec une rapidité inconcevable et qui sont dans un flux et un mouvement perpétuels. »
 
David Hume, Traité de la nature humaine (1737), livre 1, 4e partie, section VI, trad. Leroy, Aubier, 1962.

Tout est changement, ne pas changer c’est ne pas être-en-devenir
 
 
Croire que nous sommes toujours la même personne et que notre moi actuel correspond à celui que nous étions il y a un an ou deux ans ou seulement il y a une semaine est peut-être un leurre. Notre personnalité, nos sentiments, nos sensations changent. Alors, que l’immobilisme n'est pas possible, certains osent penser ne pas être dans l'expérience de l’existence ! Ici le non-changement est de l’ordre de l’être gelé, vissé sur des artifices, figé, statufié, glacé, sédentaire, invariable ; est-ce vraiment possible ?  


Tout est changement, ne pas changer c’est ne pas être-en-devenir
Donc notre moi est subjectif et l'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ». Il n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, qu’une série d’expériences, qu’un conditionnement culturel et éducatif…. L’esprit est ainsi un peloton, un collectif, un comité, un clan, une réunion, une communauté, qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Quand Sartre dit que « l’existence précède l’essence » on pourrait l’interpréter dans le même sens. C’est-à-dire, que ce sont nos actes, nos agissement, nos décisions qui font de nous ce que nous sommes. Nous devenons ce que nous avons empilés accumulés, associés, amassés, réunis et nous pouvons à tout moment défaire les châteaux de sable pour en construire d’autres.
 
D’innombrables questions se posent alors : peut-on se trouver soi-même ? Qui suis-je vraiment ? Comment puis-je dire « je » ?
En fait, gare à l’immense leurre du MOI. ! Le bon chemin vers « soi » et en réalité « des chemins qui mènent partout ici et ailleurs » dans un jeu du je qui joue comme un vaillant et brillant équipier de soi.
Cette philosophie, psychologie, active de l’existence est en étroite corrélation avec la nature, le système de l’infiniment petit dont nous sommes constitués et dont nous allons parler avec la physique quantique.
 
Mécanique quantique - chaos organisé - cerveau
En mécanique quantique « être ou ne pas être » c’est pas une question mais un fait.
 
Le chaos n'est qu'un principe méconnu de l'ordre
 
Faute de clou, on perdit le fer ;
Faute de fer, on perdit le cheval ;
Faute de cheval, on perdit le cavalier ;
Faute de cavalier, on perdit la bataille ;
Faute de bataille, on perdit le royaume.

 
Faute de savoir que tout changement est possible, on perdit l’autonomie de penser ;
Faute d’autonomie de penser, on perdit la liberté ;
Faute de liberté, on perdit l’homme ;
Faute de l’homme, on perdit la paix ;
Faute de paix, on perdit l’humanité.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Tout système à 1 dimension dans lequel apparaît un cycle régulier de période 3 est nécessairement chaotique. (James Yorke)
 
Le chaos est un désordre ordonné, engendré par des processus élémentaires. (Robert Shaw)
 
L'évolution, c'est du chaos avec du feed-back. (Joseph Ford)
 
Sachant que toute réflexion est humaine donc limitée et à la mesure humaine les éléments scientifiques ressortissent de modélisations seulement humaines. Impossible de penser en dehors de l’être humain, alors on sait que toute réflexion même scientifique est à considérer comme réfutable.
 
Actuellement il est reconnu que les activités cérébrales sont le résultat de processus physiques et chimiques se déroulant dans le cerveau et que ces mouvements se font par l’intermédiaire de l’ensemble des neurones s’auto-organisant. Le cerveau, « machine ultra performante » est constitué d'un ensemble de systèmes interconnectés, procédant indépendamment au traitement de l’information et ce de manière très efficace. Les systèmes cérébraux les plus connus sont les cortex visuel, cortex moteur, cortex auditif, auxquels il faut ajouter de nombreuses autres régions corticales douées de fonctions spécifiques. Il est intéressant de noter que ces cortex, doués de propriétés différentes, sont pourtant constitués de neurones identiques.
Le cerveau de l'être humain a un petit volume de 1.5 litre. Mais les connexions entre ses neurones atteignent une longueur totale de quelque 100 millions de mètres. Il consomme beaucoup moins d'énergie que l'ordinateur ! En effet, pour effectuer une opération élémentaire, un neurone utilise entre 10 et 15 joules, un ordinateur moderne 10-7 joules, soit 100 millions de fois plus. Les neurones du cerveau sont des cellules qui ont une longue extrémité, c’est l'axon, et  qui ont de nombreuses arborescences, les dendrites d’où l'aspect enchevêtré du tissu des cortex. Cet
enchevêtrement permet un nombre extraordinairement élevé de connexions, de 1000 à 100'000 par neurone, par l’intermédiaire de processus physico-chimiques et l'échange d'ions chargés électriquement.
Etudier le cerveau à l’aune du chaos déterministe, c’est possible et tout à fait intéressant. Les systèmes chaotiques, malgré leur apparence aléatoire, obéissent à un pseudo-ordre. Les grandeurs qui les définissent, loin de varier dans le temps de manière absolument aléatoire et illimitée, apparaissent au contraire commandés par un élément d'ordre, que l’on appelle "attracteur étrange" et qui détermine le "chaos déterministe".
Ces systèmes sont donc à la fois aléatoires et déterminés, ils peuvent développer une variété infinie d’évènements dans la nature et de comportements chez l’être humain.
Tout à fait prodigieux, aussi, est que le chaos ne touche pas que les systèmes dans leur développement temporel, mais aussi dans leur étendue spatiale. En effet, des phénomènes cohérents entre eux se produisent au même moment et à différents endroits
d'un même
système.
On parle alors de chaos spatio-temporel.
 
Voyons comment fonctionnent les biorythmes de notre cerveau et quels enseignements peut-on en tirer !
 
Lors d’électroencéphalogrammes on observe des biorythmes
 
Les ondes cérébrales sont des fluctuations du potentiel électrique entre différentes parties du cerveau, une activité cérébrale pouvant être mesurée avec un EEG.
Le volume ou l’intensité de l’activité d’onde cérébrale est mesuré en microvolts.
 

L’EEG décrypte les basses fréquences, bandes de fréquence :
DELTA (4Hz et -), THETA (4-8Hz), ALPHA (8-12Hz), BETA (13-30Hz) et GAMMA (+ de 30Hz)
Les ondes DELTA correspondent à un état inconscient.
Le passage des ondes THETA à ALPHA correspondrait à l’état onirique. C’est dans cet état que semblent se produire les phénomènes de transformation. Il est intéressant de
constater que les phénomènes transformation se produisent à la lisière du rêve et de l’état de veille.
Les ondes BETA et GAMMA correspondent à l’état de veille.
 
 
En étudiant les électroencéphalogrammes avec les outils de la théorie du chaos, il peut être démontré que les différents rythmes du cerveau humain obéissent aux "lois" du chaos temporel. Et que l'activité d’ensemble des neurones atteint une cohérence plus grande encore dans le sommeil profond. Cette activité du cortex devient de plus en plus « cohérente » à mesure que le sujet s’éloigne de l’état d’éveil.
 
 La mécanique quantique est une théorie linéaire.          
 
La cohérence quantique signifie que toute somme (toute combinaison linéaire) d'états possibles est un état possible. En d’autres termes nous assistons au niveau quantique à une superposition d’états, tous possibles en même temps et partout à la fois. Imaginons, par exemple, un poisson soluble, c’est l’état de cohérence. En revanche l'’état de décohérence permet la condition d’existence de ce poisson telle que nous le connaissons à l'échelle macroscopique.
Les expériences sensorielles ne sont, en effet, possible qu’au moment où nous sommes attentifs au flux d’informations qui arrivent sur nous.
 
Quand devant l’océan, nous pouvons regarder sans voir, les remous, les différentes couleurs, nous pouvons entendre sans écouter les bruits alentours., le cri des mouettes...Les milliers de petites perceptions non-conscientes peuvent à tout moment, être remarquées !
 
L’attention, la conscience en d’autres termes, doit se captiver. Du non-conscient à la conscience, dès que nous sommes attentifs, notre cerveau devient capable d’évaluer et d’analyser le flux d'informations qui nous vient de notre environnement. Quand l’attention n'est pas activée, elle reste chaotique, avec pour conséquence que les différentes informations arrivées dans le cortex y restent embrouillées et indistinctes.
 
MAIS sachant qu’un chaos spatio-temporel renferme en lui-même une infinité d’oscillations, régulières et instables, qui peuvent être stabilisées par de faibles changements de conditions. Si on envoie un influx sensoriel (c’est-à-dire électrique) très faible, qui l’entraîne dans une dynamique d’oscillations régulières. Le système est alors "attentif" et dans cet état, dans cet état seulement, il est capable de percevoir les objets statiques ou mobiles qui lui sont présentés, de distinguer leurs formes, de repérer leur mouvement et d’évaluer leur vitesse, d’enregistrer, de prendre acte, de CHANGER, de MODIFIER
En comparaison, donc, tout cela permet d'expliquer les IMMENSES capacités INFINIES du cerveau humain. Le chaos spatio-temporel produit par le cerveau contient une infinité de mouvements périodiques instables, de fréquence différente, et offre donc des possibilités d’arrangements, de nouvelles programmations, des mises au point, des traitements, des scénarios, adhésions et ajustements illimités !
 
Il suffit de plonger dans l'océan ou le ciel comme le poète Dante, s'immerger dans la cohérence et captiver dans cette immensité, les éléments qui nous interessent.
 
 
Cohérences et décohérences du changement
Article composé en collaboration avec Michèle Koda-Goubert (passionnée des phénomènes du changement et trésorière de notre association PSYCHE